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Basran, Gurcharn S.

Description
Le professeur Basran a interviewé un homme de Golden, en Colombie-Britannique, qui possède quelques collections anciennes sur les Sikhs venus à Golden à la fin du 19e siècle, début 20e siècle. Ses parents connaissaient des Sikhs à cette époque. Le professeur souhaitait connaître le sort des Sikhs de la région avant 1903. En 1910, il était âgé de 6 ans ; il se souvient que les Sikhs étaient déjà établis et qu'ils avaient leur temple. Une petite scierie fut bâtie vers 1880 et elle fut agrandie de 1908 à 1910. Il y avait environ une quarantaine d'Hindous qui y travaillaient en 1880. Il allait au temple avec ses parents et ils se sont liés d'amitié avec les Hindous. Le temple consistait en une grande salle de 20x40. Plusieurs Hindous habitaient sur des fermes à Golden. Ils consommaient beaucoup de lait, qu'ils achetaient de la ferme du son père, entre autres. Vers 1910, les immigrants indiens étaient tous des hommes et ils portaient presque tous des turbans. Les femmes sont venues lorsque la loi sur l'immigration a changé, en 1919. Ces hommes habitaient dans des dortoirs et ils mangeaient dans une salle commune. Ils avaient une grande pièce pour s'asseoir lorsque le temps était mauvais. Dans la scierie, il y avait très peu de machines et tout le travail était fait à la main. Il explique que les Indiens de Golden étaient plus grands que la moyenne et très costauds. Ils étaient très respectables et ils soignaient leur apparence. Ils travaillaient fort, ils étaient honnêtes, ils étaient très religieux et ils étaient tous sikhs. Ils ont acheté des vaches qu'ils gardaient dans un étable, derrière l'édifice. Les vaches allaient paître dans les champs entourant la scierie et les Hindous en prenaient soin. Les Hindous se rencontraient au temple tous les dimanches parce qu'ils n'avaient rien d'autre à faire. Les services avaient lieu en soirée, mais on ne servait pas de repas après les services. Il se souvient avoir aidé les Hindous à traire les vaches lorsqu'ils étaient trop occupés et en échange, ils lui donnaient des crêpes et du Saag. Le temple fut démoli en 1927, après la fermeture de la scierie et le départ des Hindous.
Description
Il est arrivé au Canada en 1927, à l'âge de trois ans. Son grand-père a ouvert une scierie au Canada et il a fait venir il et sa famille quelques années plus tard. Il a fait ses études à Vancouver et il a quitté l'école en 11e année. Il a travaillé dans une scierie avec des gens de toutes les nationalités. En raison de la dépression économique, tous les travailleurs s'entraidaient et partageaient leur nourriture avec ceux qui en avaient besoin. Il croit que les Indiens ne cherchent pas à développer des amitiés et que les Blancs ne cherchent pas à se rapprocher des Indiens parce que ces derniers refusent d'agir comme des Canadiens. Il se souvient qu'à l'origine, les Indiens participaient à des parades où toutes les nationalités étaient représentées alors qu'aujourd'hui, ils veulent avoir leur propre parade. Il croit que de telles attitudes sont la source du racisme entre les Blancs et les indo-canadiens. Bunt dit ne pas avoir été harcelé lorsqu'il allait à l'école. Son grand-père est arrivé au Canada vers 1915. Il est venu en bateau, dans des conditions difficiles, et le voyage a duré trois mois en raison de nombreuses escales. Son grand-père a travaillé dans les scieries. Les conditions de vie étaient tellement difficiles aux Indes qu'il a décidé d'immigrer au Canada. Il a choisi le Canada parce que sa famille possédaient des scieries et ils ont encouragé les membres de leur famille à venir les rejoindre pour travailler. Son père, a aussi travaillé dans les scieries et il était champion canadien de lutte. Sa conjointe est d'origine britannique. Son grand-père avait fiancé il à une jeune femme riche aux Indes, mais il est tombé amoureux d'une jeune Blanche et l'argent ne l'intéressait pas. Lorsqu'elle est devenue enceinte, son père l'a menacé de le tuer ou de le renvoyer aux Indes. Elle fut envoyée à Victoria pour avoir l'enfant et l'éloigner, mais ils furent réunis par la suite. Elle est maintenant acceptée par sa belle-famille et sa famille aime beaucoup il. Il était alcoolique et fut envoyé en prison à 52 reprises pour des altercations lorsqu'il était en état d'ébriété. Il a trois enfants, mais il n'a jamais marié la mère de ses enfants. Il a cessé de boire lorsqu'on lui a confisqué son permis de conduire pour dix ans. Il n'est jamais retourné aux Indes parce qu'il n'avait pas la documentation nécessaire. Il n'est pas venu au Canada pour devenir riche : il se contente de profiter de la vie. Il raconte qu'à l'époque, les Indiens étaient pacifiques mais qu'aujourd'hui, ils causent des problèmes [manifestations, etc.]. Il croit que ces indo-canadiens devraient demeurer aux Indes s'ils souhaitent protester des questions politiques indiennes. Il croit que la communauté indienne a commencé à vivre des problèmes dans les années 1960, lorsque le nombre d'immigrants indiens a augmenté considérablement.
Description
Elle est arrivée au Canada à l'âge de 19 ans. Son beau-père a immigré en 1914 et son mari est venu le rejoindre dix ans plus tard, en 1924. Il est rentré aux Indes en 1937, il s'est marié, puis il est revenu au Canada avec elle. Les conditions de vie au Canada n'étaient pas très bonnes à cette époque. Ils ont voyagé sur un navire de charge de Calcutta à Hong Kong, où les passagers devaient subir un examen médical. Elle souffrait d'une infection aux yeux, alors ils ont dû attendre trois semaines à Hong Kong. Ils ont ensuite voyagé sur un navire britannique jusqu'à Vancouver. Il leur a fallu deux mois pour se rendre de Calcutta à Vancouver et elle était très malade. Son mari a d'abord travaillé pou le CFCP. Il a ensuite acheté des terres et des scieries, qu'il a dû vendre lorsqu'il est devenu malade. Elle raconte que les Blancs n'aimaient pas les Indiens à l'époque et qu'on leur refusait l'accès à certains services [coiffure]. Les Blancs les ont empêchés de bâtir le Gurdwara parce qu'ils craignaient que les Indiens utilisent ces assemblées pour se rebeller de leurs conditions difficiles. Les premiers immigrants étaient illégaux, alors ils ne pouvaient pas s'acheter une maison. Elle et son mari étaient malheureux lorsqu'ils sont arrivés au Canada parce que la vie était plus agréable pour eux aux Indes. Au Canada, ils devaient travailler très fort pour peu d'argent. Lorsqu'ils ont acheté leur ferme, les Blancs refusaient de travailler pour eux alors ils ont embauché des travailleurs d'origine chinoise et japonaise. Les Blancs ont par contre accepté de travailler dans leur scierie. Elle est retournée aux Indes en 1962. Selon elle, les Indiens s'entraidaient davantage à l'époque où elle est arrivée au Canada. Elle avoue que les membres de la communauté indo-canadienne ne savent pas vraiment ce qui se passe présentement aux Indes et quelles sont les revendications des citoyens parce qu'ils n'habitent plus dans ce pays. Elle dit que les enfants des immigrants indiens agissent comme des Blancs et que la plupart comprennent le Punjabi, mais ils sont incapables de le parler. Elle préfère se lier d'amitié aux immigrants indiens de longue date, car elle avoue avoir peu en commun avec les nouveaux immigrants. Ils ont donné un terrain pour bâtir le Gurdwara et ils ont bâti des maisons sur leur terre agricole, qu'ils louaient par la suite.
Description
Elle est née en 1906 et elle est arrivée au Canada en 1928 avec son fils et son mari. Après avoir vécu au Canada pendant 20 ans, ils sont retournés aux Indes pour que leurs enfants puissent connaître leur famille. Dans son village indien, son mari fut élu Sarpach par les habitants et il a fait beaucoup pour eux. Il est revenu au Canada 10 ans plus tard. Pour venir au Canada, il ont voyagé en bateau de Calcutta à Victoria, via Hong Kong ; ce voyage a duré deux mois. Les repas étaient compris dans le prix du billet mais autrefois, les gens devaient préparer leurs repas sur le navire. Lorsque son mari est venu au Canada pour la première fois, il a effectué la traversée sur un voilier et il a été malade. Les premiers immigrants indiens travaillaient sur les fermes et les fermiers leur permettaient de prendre des produits de la ferme. Mais les Indiens travaillant dans les scieries recevaient un salaire inférieur à celui des travailleurs blancs. Les salaires sont devenus égaux à l'époque de l'indépendance des Indes. Certains vivaient dans les scieries, mais ils n'avaient pas beaucoup d'argent. Chaque groupe ethnique vivait dans une habitation différente, chacune dotée de son propre cuisinier. Au début, les travailleurs des scieries n'étaient pas syndiqués, alors les Indiens devaient donner des pots-de-vin ou de l'alcool aux responsables pour obtenir du travail. Le syndicat fut établi après la guerre et son mari, it fut président du syndicat. Avant la guerre, les Indiens travaillant dans les scieries étaient payés 0,10$ à 0,15$ l'heure. La guerre a créé de l'emploi car il fallait du bois de sciage et des gens pour travailler dans les scieries. Elle et son mari sont retournés aux Indes après la partition. Certaines scieries appartenaient à des Indiens et quand les temps étaient difficiles, les Indiens s'entraidaient. Mais par la suite, cet esprit d'entraide a disparu. Son mari s'est beaucoup impliqué dans les affaires du Gurdwara lorsqu'ils sont revenus des Indes. Les cérémonies du Gurdwara se terminaient très tard, alors Punjab refusait souvent d'accompagner son mari : elle restait à la maison pour s'occuper des enfants. Elle croit que les Singhs sont différents, avec leur propre façon de parler, et qu'ils n'ont aucun égard envers les autres. Les gens se disputent dans les Gurdwaras depuis longtemps, pour des raisons qui semblent anodines. Les personnes impliquées dans le Gurdwara devaient tout sacrifier, alors Punjab et son mari ont eu une vie très difficile ; elle ne pouvait jamais sortir parce qu'il était toujours au Gurdwara. Ils n'avaient pas d'argent parce que son mari ne travaillait pas mais lorsqu'il a commencé à travailler, ils ont bâti une maison et ils ont pu acheter des biens. Son mari n'a jamais voulu amasser de l'argent, contrairement à certains. Il a fait beaucoup de bénévolat. Ils envoyaient de l'argent dans leur village d'origine pour ouvrir des écoles. Les premiers Indiens venus au Canada travaillaient sur les chemins de fer et dans les scieries. A l'époque, les jeunes âgés de plus de 18 ans ne pouvaient pas venir au Canada, alors plusieurs falsifiaient leurs documents et prétendaient venir rejoindre leur père. Le gouvernement a adopté une loi par la suite pour mettre fin à cette pratique.
Description
Il est arrivé au Canada à l'âge de 18 ans. Son épouse est demeurée en Inde parce qu'elle était malade ; elle est décédée peu après son départ. Il est venu pour gagner de l'argent et améliorer son niveau de vie. En Inde, les fermiers avaient de la difficulté à joindre les deux bouts et la plupart ne possédaient que cinq acres. Il a voyagé en bateau de Calcutta à Vancouver, via Hong Kong. Sur le navire, les voyageurs indiens devaient demeurer sous une tente, sur le pont, alors que les Blancs voyageaient en première classe. A son arrivée, il a travaillé à la scierie Fraser, où travaillaient environ 500 Indiens. Ces derniers gagnaient 0,05$ l'heure de moins que les travailleurs caucasiens, même s'ils travaillaient beaucoup plus fort. Les travailleurs vivaient dans un logement communautaire fourni par la scierie et ils employaient un cuisinier. Il raconte que certaines brasseries refusaient de servir les Indiens. Il partage son opinion sur l'agitation des Sikhs en Inde et sur l'assassinat d'Indira Gandhi. Son père est venu au Canada en 1907, avec plusieurs autres habitants de son village, mais il est retourné vivre en Inde en 1938. Son père a d'abord travaillé sur une ferme, puis dans une scierie. À cette époque, les Indiens aidaient leurs compatriotes à trouver des emplois dans les scieries. Ceux qui travaillaient sur les fermes habitaient dans l'étable, avec les animaux, et les fermes appartenaient à des Blancs. Pendant la guerre [première guerre mondiale], plusieurs Indo-canadiens ont pu acheter des terres parce que certains propriétaires n'arrivaient plus à payer leurs taxes. Il raconte qu'il était impossible pour les Indiens instruits d'obtenir un emploi dans leur domaine au Canada ; plusieurs devaient accepter des métiers inférieurs dans les scieries, même s'ils avaient étudié au Canada. Il croit qu'il est préférable de vivre au Canada parce qu'en Inde, une personne doit payer des pots-de-vin pour démarrer une entreprise ou obtenir un emploi désirable. Il décrit un conflit qui a occasionné une division des Gurdwaras. Il parle également des événements de 1952, lorsque certains ont commencé à fréquenter les Gurdwaras sans se couvrir la tête.
Description
Il est arrivé au Canada en 1929, à l'âge de 14 ans. Avant d'immigrer au Canada, il a habité à Shanghai pendant trois ans, où il fréquentait une école anglophone. Un ami de son père qui habitait au Canada a 'adopté' Maghar afin qu'il puisse immigrer. Il a d'abord travaillé dans une usine à Duncan, puis dans une scierie. Il avait de la difficulté à trouver des emplois pendant la dépression parce que toutes les entreprises fermaient leurs portes. Le superviseur de la scierie était un ami de son 'oncle', alors ils habitaient avec lui, et non dans un dortoir avec les autres travailleurs indiens. Il se souvient d'un Blanc qui occupait un emploi identique au sien, mais qui gagnait 0,05$ l'heure de plus que lui. Maghar s'est marié au Canada en 1944. Dans les brasseries de Duncan, il y avait une salle réservée aux Indiens qui portaient une barbe et un turban ; les autres Indiens [rasés et sans turban] pouvaient s'asseoir avec les Blancs. Il partage son opinion sur l'assassinat de Mme Gandhi. A l'époque où son 'oncle' a immigré, il y avait environ 1000 Indiens au Canada. Les hommes travaillaient neuf heures par jour, six jours par semaine. Le dimanche, ils se rendaient à un Gurdwara situé à quatre miles de Duncan. Les conditions de vie étaient très difficiles à cette époque. Il mentionne un homme de Mission, qui fut le premier à couper ses cheveux, ce qui a causé de grands remous. Par la suite, plus de la moitié des Indiens ont suivi son exemple. On lui a raconté que les premiers immigrants indiens travaillaient sur les fermes et dormaient dans les étables. Par la suite, ils ont commencé à travailler dans les scieries et à vivre dans des logements communautaires fournis par l'employeur. Les Indiens [ainsi que les autres personnes d'origine asiatique et les femmes] trouvaient facilement du travail pendant la guerre parce que plusieurs hommes avaient dû s'enrôler dans l'armée. Il raconte qu'à l'origine, il existait un bel esprit d'entraide dans la communauté indo-canadienne mais qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de division, ce qu'il juge regrettable.
Description
Il est arrivé au Canada en 1954, à l'âge de 38 ans et sa famille est venue le rejoindre en 1969. Il a quatre enfants. Aux Indes, il était inspecteur dans un département de marketing. Il a décidé de venir s'établir au Canada parce qu'il est originaire du Pakistan et on lui a tout volé. Il a d'abord vécu en Angleterre pendant trois ans. Au Canada, il a trouvé un emploi dans une scierie. Les salaires étaient tous les mêmes à l'époque parce que les travailleurs étaient syndiqués. Il a vécu à Honeymoon Island pendant trois ans, puis à Port Alberny pendant 8-9 ans, jusqu'à la fermeture de la scierie. Il a changé d'emploi souvent et il était difficile de trouver du travail. A Honeymoon Island, il habitait dans une cuisine de chantier [un logement communautaire] appartenant au propriétaire de la scierie. Il vivait confortablement et les week-ends, les gens jouaient à des jeux et bavardaient. Tous les habitants de la cuisine de chantier étaient Indiens. Il est retourné aux Indes en 1967 et il croit que la situation était bien à l'époque alors qu'au moment de l'entrevue, il semblait y avoir des problèmes politiques. Il croit que la vie est meilleure au Canada : les gens ne sont pas confrontés à des problèmes majeurs s'ils travaillent. Il n'a pas été victime de discrimination dans son travail : les gens étaient polis et gentils envers lui. Il vivait confortablement au Pakistan, puis il a dû tout sacrifier pour l'indépendance. Il est ensuite venu au Canada et maintenant, il vit confortablement. Il habite à Kamloops et certains de ses enfants sont à Vancouver. Il était associé au Parti communiste et il est venu au Canada avec un visa d'étudiant. Ce dernier a établi le syndicat où Hardev travaille. Il était retourné aux Indes au moment de l'entrevue. Il croit que les immigrants indiens d'aujourd'hui quittent en raison des conditions économiques difficiles aux Indes. Ils ont de la difficulté à nourrir leur famille avec leur petit lopin de terre. Mais même au Canada, les conditions d'emploi peuvent être difficiles et plusieurs travaillent sur les fermes d'Abbotsford. Cependant, ils n'acceptent pas l'aide sociale, sauf s'ils sont en état de détresse.
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Dr. Gurcharn S. Basran speaks about early Indo-Canadian pioneers and their experiences in Canada, citizenship rights and later immigration issues, and government interactions with Indian immigrants.