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Basran, Gurcharn S.

Description
Il est venu au Canada en 1934, à l'âge de 18 ans. Il était marié à cette époque. Son fils ainé est venu le rejoindre en 1952, mais son épouse est demeurée en Inde parce qu'elle ne voulait pas vivre avec lui. À cette époque, le père de Gurdial vivait au Canada depuis 1907, mais il ne l'avait jamais rencontré. En Inde, Il vivait avec son grand-père et sa famille était aisée. Mais son grand-père ne voulait pas qu'il fréquente l'école. Il a quitté l'Inde sans le dire à son grand-père parce qu'il voulait s'instruire. Selon lui, environ 90% de la population indienne vivait dans des conditions difficiles. Il a voyagé sur un navire de charge de Calcutta à Hong Kong, puis il a voyagé sur un bateau de croisière de Hong Kong à Vancouver. Les emplois étaient rares à cette époque, mais il a réussi à trouver un emploi dans une scierie à Port Alberny, où il gagnait 0,16$ l'heure. Il a décidé de rentrer en Inde en 1940 en raison de la guerre et il s'est remarié. Les autorités permettaient aux immigrants indiens de quitter le Canada pendant une année seulement [ils n'étaient pas citoyens canadiens], mais il n'a pas pu revenir avant 1947 en raison de la guerre. Cependant, il écrivait régulièrement au gouvernement canadien pour demander que l'on prolonge son permis de séjour à l'étranger ; il n'a eu aucune difficulté à rentrer au Canada en 1947 grâce aux lettres du gouvernement. Il raconte qu'à la scierie, les Blancs gagnaient un peu plus que les Indiens, mais c'est à ces derniers que l'on imposait les tâches les plus difficiles et ingrates. Dans les scieries, les travailleurs habitaient dans des dortoirs et chaque groupe ethnique possédait son dortoir attitré en raison de ses préférences alimentaires. Il a visité l'Inde en 1979 et il a constaté que les biens de luxe des Indiens étaient achetés avec de l'argent gagné à l'étranger ou obtenus sur le marché noir. L'amélioration des conditions de vie en Inde est donc due à l'apport de fonds étrangers, selon il. Mis à part les réseaux routiers, il est d'avis que les conditions se sont très peu améliorées en Inde en raison de la corruption des autorités. Il partage son opinion sur les exigences des Sikhs et sur l'assassinat de Mme Gandhi. Lorsqu'il est arrivé à Golden en 1957, il était le seul Indien. Il raconte qu'un Gurdwara fut bâti à cet endroit, près de la scierie, en 1880 [le premier Gurdwara au Canada]. Lorsque la scierie a brûlé, il a voulu rebâtir le Gurdwara, mais le gouvernement a refusé car les terres appartenaient à la Couronne. Il a insisté et le gouvernement lui a donné 15 000$ pour bâtir un nouveau temple. Son père est arrivé au Canada en 1906 avec 800 autres passagers. Il ne savait pas où aller, alors il a marché jusqu'à Abbotsford, où il a rencontré un Indien qui a accepté de l'aider à trouver du travail sur les chemins de fer. Par la suite, son père a travaillé dans une scierie, où il occupait un poste important et gagnait un bon salaire. Son père a quitté le Canada par la suite et il a refusé de revenir, sous prétexte qu'il avait gagné tout l'argent dont il avait besoin.
Description
Il raconte que ses ancêtres ont payé 160 roupies [monnaie de l'Inde] en 1902 pour venir au Canada en bateau, un périple de six mois. Il pense qu'ils étaient les seuls Indiens au Canada à cette époque. Son père a d'abord vécu en Australie, où il gagnait un dollar par jour. Au Canada, son père et ses oncles gagnaient 0,08$-0,10$ l'heure à scier du bois qu'ils revendaient ensuite à l'aide d'une voiture tirée par des chevaux. Plus tard, il fut en charge de la première scierie de Vancouver [scierie de Gohala]. Il raconte qu'ils ont quitté leur pays parce que les méthodes agricoles de l'époque étaient trop dangereuses. Les conditions de vie étaient extrêmement difficiles en Inde à cette époque et les gens lavaient les vêtements avec l'urine des vaches parce qu'il était difficile de trouver de l'eau. Plusieurs sont venus du Jandialla, puis du Pakistan. On retrouve des membres de sa famille en Angleterre et en Amérique. Il raconte qu'à l'époque de son père, il n'y avait que 60 maisons et des chemins de fer à Vancouver. Il y avait deux routes et deux magasins. Les Indiens dormaient dans une écurie ou un poulailler. Il parle des conflits entre les gens originaires du Jullundhur et ceux de l'Amritsar. Il raconte que chef de parti a vu des affiches devant les restaurants et les hôtels de Vancouver indiquant l'interdiction d'entrée aux chiens et aux Indiens. Les membres du parti de chef de parti se sont plaint de l'inégalité des Indo-canadiens. Son grand-père lui a avoué avoir été frappé par des Blancs avec qui il travaillait parce que les Indiens acceptaient de travailler pour des salaires inférieurs à ceux des Blancs. D'autre part, les propriétaires des scieries appréciaient les Indiens parce qu'ils acceptaient un salaire moindre. Il n'y avait pas de syndicat à cette époque. Lorsqu'ils retournaient en Inde, les Indiens ayant vécu au Canada décrivaient l'abondance de routes et d'eau dans ce pays. Suite à cette description, les Indiens souhaitaient eux aussi profiter de tels avantage dans leur pays, mais ils croyaient que les Blancs [Anglais] les privaient de cette infrastructure pour les tenir en esclavage. Avant l'indépendance de l'Inde, les gens étaient privés de routes, d'écoles et d'hôpitaux mais depuis, les conditions de vie des citoyens sont beaucoup moins difficiles, selon il. Après la partition de l'Inde, plusieurs immigrants indiens ont fait venir leur famille.
Description
Il est arrivé au Canada en 1921, à l'âge de 17 ans. Il est retourné en Inde en 1926, pour ensuite revenir au Canada en 1931 avec sa femme et ses enfants. Son père était au Canada depuis 1907 et dès qu'il a pu, il a fait venir sa famille. En Inde, la famille de il le négligeait et elle ne l'a pas envoyé à l'école. Lorsqu'il est arrivé au Canada, son père s'est empressé d'envoyer il à l'école. Par la suite, il a travaillé à la scierie avec son père. Le travail à la scierie était très difficile et il explique que les employés travaillaient sans relâche, comme des animaux. Les gens devaient travailler neuf heures par jour et les employés caucasiens recevaient un salaire plus élevé que les employés asiatiques. Il raconte qu'en Inde, les gens avaient à peine de quoi se nourrir. Pour venir au Canada, il a pris un bateau de Calcutta à Hong Kong. Sur ce navire, les voyageurs n'avaient aucun endroit assigné pour s'asseoir, dormir, manger, etc. Il a ensuite voyagé sur un bateau de croisière de Hong Kong à Vancouver dans de meilleures conditions. Il raconte que les scieries fournissaient des logis aux travailleurs. Ces derniers habitaient dans des dortoirs [selon leur nationalité] et ils avaient leur propre cuisinier. Les travailleurs blancs habitaient dans des maisons unifamiliales, alors que les immigrants habitaient dans des logements communautaires. Les travailleurs avaient droit à un jour de congé (dimanche), pendant lequel ils faisaient leur lessive et allaient au temple. Toutefois, il explique que la scierie demandait souvent aux employés de travailler le dimanche. Il raconte qu'il existait un bel esprit d'entraide parmi les Indo-canadiens et qu'il n'était pas rare qu'ils se cotisent pour aider l'un des leurs ou pour financer les études d'un jeune Indien, peu importe la région d'où ils venaient. Selon lui, les conditions de vie se sont améliorées en Inde, mais il s'inquiète de la hausse de la criminalité. Il partage son opinion sur les exigences des Sikhs en Inde. Il raconte qu'à l'époque où son père a quitté l'Inde, certains Indiens se rendaient au Canada, puis revenaient en Inde pour encourager leurs compatriotes à immigrer au Canada. Il ajoute qu'environ 20% des gens de son village sont venus au Canada après la visite d'une telle personne. Mais il était difficile de trouver du travail au Canada à cette époque ; plusieurs Indiens devaient travailler sur des fermes et vivre dans des étables. Les Blancs furent surpris de constater combien les Indiens travaillaient fort et par la suite, ils n'hésitaient plus à les embaucher. Son épouse explique qu'en 1926, les femmes indiennes devaient rester à la maison et que les immigrants indiens travaillaient très dur afin d'être en mesure d'envoyer de l'argent à leur famille en Inde. Par la suite, les Indo-canadiens ont commencé à vouloir s'établir de façon permanente au Canada et à revendiquer l'égalité des droits.
Description
Il est arrivé au Canada en 1951 et sa femme est venue le rejoindre en 1971. Aux Indes, il était fermier et il a fait partie de l'armée. Dans l'armée, il était Hawaldar [gendarme]. Il a quitté sa terre natale pour des raisons économiques. La présence de corruption politique aux paliers supérieurs du gouvernement le dégoutait parce qu'elle se traduisait par l'appauvrissement des citoyens les plus vulnérables. Il y avait également des conflits d'ordre religieux dans le pays. Il raconte qu'en 1948, au moment de la libération du Kashmir par les Sikhs, les conflits entre Hindous et Sikhs existaient déjà. Il se souvient d'un groupe de lieutenants [une vingtaine] de la région militaire de l'ouest qui furent traduits en cour martiale. Ils étaient presque tous Sikhs (les autres étaient Hindous). L'un d'eux est décédé dans des circonstances douteuses et un autre, un homme extrêmement qualifié et apprécié, fut privé d'une promotion uniquement parce qu'il avait gravi les échelons de sa propre volonté, selon il. Il croit que ces lieutenants sikhs ont été accusés parce que les autorités ne voulaient pas que la majorité des officiers supérieurs de l'armée soient des Sikhs. Il est d'avis qu'après le départ des Anglais, la situation économique des Indes est demeurée statique. Par la suite, il croit que les riches furent favorisés aux dépens des pauvres. Pour venir au Canada, il fut parrainé par sa sœur et sa belle-mère, qui était au Canada depuis 1928.
Description
Il est arrivé au Canada en 1951, à l'âge de 39 ans. Sa femme est venue le rejoindre en 1971. Aux Indes, il était gérant de banque. Il a quitté les Indes parce que la banque où il travaillait a fermé ses portes en raison de la partition des Indes ; il a perdu tout son argent. Il a d'abord vécu en Angleterre et il travaillait chez un fabricant de verre. La situation économique était difficile en Angleterre, alors il a accepté de venir au Canada pour être Granthi [prêtre] dans un Gurdwara [temple]. En plus de son travail au temple, il était vendeur itinérant. Il a vécu de nombreuses difficultés avec les autorités de l'immigration ; il ne comprend pas pourquoi elles s'acharnaient sur lui parce qu'il gagnait bien sa vie. Lorsqu'il est venu en 1951, les conditions de vie aux Indes étaient relativement bonnes, selon il. Il a travaillé brièvement dans une scierie parce qu'il avait besoin d'argent pour s'acheter une voiture, mais il jugeait le travail beaucoup trop exigeant au niveau physique. Il travaillait et vivait au Gurdwara d'Abbotsford, où il était nourri et logé gratuitement. Comme il n'y avait que 20 familles au temple, il gagnait seulement 70$ par semaine, ce qui était insuffisant pour faire vivre sa famille demeurée aux Indes. La municipalité imposait des taxes foncières au Gurdwara, mais il s'est battu et il a réussi à obtenir une exemption. En plus de ses tâches au Gurdwara, il vendait des vêtements de porte à porte. Il raconte avoir eu de la difficulté à trouver un fournisseur lorsqu'il est devenu vendeur itinérant parce que les grossistes préféraient vendre leurs produits aux propriétaires de magasin. Mais il a réussi à convaincre un grossiste et sa petite entreprise était très rentable. Il vendait surtout aux Blancs. Il raconte qu'il lui arrivait de cogner à une cinquantaine de portes dans une même journée pour vendre ses vêtements et qu'il n'a jamais rencontré une seule personne qui le détestait en raison de sa race. Il explique qu'aux yeux des Indiens, un Granthi ne vaut pas mieux qu'un cuisinier. Il avoue avoir de la difficulté à se réconcilier au fait que les enfants des immigrants indiens veulent marier un partenaire canadien de leur choix, et non un partenaire choisi par les parents. Il partage son opinion sur la situation au Hindustan et les revendications des Sikhs. Avant de venir au Canada, son père était dans l'armée aux Indes. Lorsqu'il est venu au Canada vers 1905, il a travaillé sur les chemins de fer (il dormait à la belle étoile) et dans les scieries. A la scierie, son père vivait dans un dortoir avec d'autres travailleurs.
Description
Il est arrivé au Canada en 1942, à l'âge de 16 ans. Il est venu rejoindre son père, qui habitait au Canada depuis 1907. Il déclare que les conditions de vie au Canada et aux Indes étaient satisfaisantes à cette époque et que les gens s'entraidaient. Il a quitté Calcutta en bateau pour se rendre à Hong Kong, où il a dû demeurer pendant deux mois en raison de la guerre. Il a voyagé en 3e classe jusqu'à Honolulu, où 200 soldats blessés furent embarqués, pour finalement se rendre à San Francisco. Les passagers ont dû demeurer vêtus pendant toute la traversée, car le navire risquait d'être bombardé à tout moment par les Japonais. Il fut détenu temporairement dans une prison, puis il s'est rendu à Victoria. Il fut installeur de bardeaux et il est devenu copropriétaire d'une scierie. Mais à cette époque, sa femme est devenue malade et elle est rentrée aux Indes. Sa situation financière enviable a déplu aux Indiens, alors elle est revenue au Canada six mois plus tard. Lorsqu'il travaillait, il gagnait le même salaire que les travailleurs blancs et il n'a connu aucun problème. Il n'a jamais habité dans un dortoir et il n'était pas syndiqué parce qu'il était propriétaire d'entreprise. Ses employés étaient syndiqués. Selon il, depuis 1947, les gens des Indes vivent dans le luxe et ils ont oublié que leurs aïeuls ont dû se battre pour défendre leur terre et obtenir l'irrigation. Il croit que les Canadiens ne respectent plus les nouveaux immigrants indiens parce que ces derniers sont belligérants et ils ont acquis de mauvaises habitudes lorsqu'ils vivaient aux Indes. Lorsque son père est venu au Canada en 1906, il a dû travailler très dur physiquement. Les immigrants ne connaissaient pas la langue ni les lois du travail, alors ils acceptaient tous les emplois qu'on leur offrait. Les employeurs blancs les appréciaient parce qu'ils acceptaient de travailler dur et ils étaient très costauds. Ces gens travaillaient surtout dans les scieries et à la construction du chemin de fer. Il partage son opinion sur l'agitation des Sikhs aux Indes, mais il avoue préférer ne pas s'en mêler.
Description
Il est arrivé au Canada en 1929, à l'âge de 18 ans. Son père était déjà au Canada depuis 1903, mais sa mère, son frère et son épouse ont immigré au Canada en 1931. Il a dû voyager sur un navire de charge parce qu'il n'avait pas les moyens de venir sur un bateau de croisière. Il a immigré légalement parce que son père habitait déjà au Canada et il était mineur. Son père était propriétaire d'une entreprise de camionnage et il a travaillé avec lui ; il n'a jamais travaillé dans les scieries. Il partage ce qu'il sait des travailleurs des scieries : les travailleurs habitaient dans des dortoirs, les immigrants gagnaient moins que les Blancs avant l'arrivée des syndicats et, les possibilités d'avancement des immigrants étaient pratiquement inexistantes avant l'arrivée des syndicats. Son père versait le même salaire à tous ses employés, sans discrimination. Il raconte que l'on empêchait les Indiens d'entrer dans certains établissements publics (restaurants, cinémas, etc.). Il croit que cette discrimination venait du fait que les Indiens n'avaient aucuns droits au Canada à l'époque : ils n'étaient pas des citoyens. Il se rappelle qu'en 1947, les Indiens ne pouvaient pas acheter une maison. Pendant le règne britannique, les Indiens venaient au Canada en pensant travailler quelques années, puis rentrer aux Indes. Mais après l'indépendance des Indes, ils ont obtenu le droit d'acheter des propriétés au Canada et la citoyenneté canadienne, alors ils ont commencé à faire venir leur famille pour s'établir de façon permanente. A l'époque, tous les immigrants indiens étaient appelés « Hindous » par les Blancs parce qu'ils ne savaient pas qu'ils étaient en fait Sikhs. Ce terme n'était pas péjoratif. Il s'est beaucoup impliqué dans le Gurdwara. Il a ouvert une école de Punjabi dans le Gurdwara (Khalsa School) en 1939, qui a connu beaucoup de succès, et il a enseigné la langue. Ce Gurdwara avait été bâti en 1912. Il parle de l'établissement des Gurdwaras en Colombie-Britannique. Il relate également la participation active des Indo-canadiens au mouvement en faveur de l'indépendance des Indes ; les gens parlaient de politique au Gurdwara, qui était leur seul lieu de rencontre. Il croit que ses enfants ont d'excellentes possibilités d'avenir au Canada et que les conditions de vie des Indo-canadiens se sont améliorées après 1947 [indépendance des Indes]. Il croit que les conditions de vie se sont aussi améliorées aux Indes depuis 1947. Il partage son opinion sur les demandes des Sikhs aux Indes, sur l'attaque de Darbar Sahib et sur l'assassinat de Mme Gandhi. Il est contre la séparation du Punjab.
Description
Il est arrivé au Canada à l'âge de 17 ans, en 1932. Il est retourné aux Indes en 1947 pour se marier et il est revenu au Canada en 1950. Aux Indes, il était fermier. Son oncle vivait au Canada et il l'a invité à venir le rejoindre. Il est venu à contre-cœur mais après 2-3 ans, il était heureux au Canada et il ne voulait plus retourner aux Indes. Il raconte qu'aux Indes, les gens étaient pauvres mais ils étaient heureux alors qu'au Canada, les conditions de vie étaient mauvaises parce qu'il n'y avait pas d'aide sociale pour les pauvres (avant la guerre). Pour se rendre au Canada, il a pris un bateau de Calcutta à Hong Kong, un trajet de 22 jours, puis il a pris l'avion jusqu'à Victoria. Il explique qu'il régnait un esprit d'harmonie sur le navire et que tous les passagers cuisinaient en commun pour partager leur nourriture. Son père était décédé et il fut adopté par son oncle qui vivait au Canada. À son arrivée à Victoria, il était accompagné d'un homme appelé Lall Singh qui consommait de l'opium. Il l'a suivi, car il ne savait pas où aller. Son oncle habitait sur une ferme à Abbotsford, mais il n'arrivait pas à trouver du travail dans cette ville. Il fut embauché par une scierie située à 150 miles d'Abbotsford. Le travail était très exigeant et il ne gagnait que 0,15$ l'heure. Il ne sait pas si les Blancs gagnaient le même salaire que les asiatiques. Il s'entendait bien avec ses confrères de travail caucasiens, mis à part quelques mésententes avec les autres jeunes hommes. Il décrit comment les travailleurs mettaient leur argent en commun pour payer un cuisinier ; ils ne chargeaient rien aux étudiants qui travaillaient avec eux afin de les aider à économiser pour leurs études. Il exprime son opinion sur la situation politique et sur les revendications des Sikhs aux Indes. Les immigrants indiens étaient très généreux et n'hésitaient jamais à amasser de l'argent pour différentes causes humanitaires. Il trouve que les nouveaux immigrants indiens sont impolis et ingrats, peut-être parce qu'ils ont trop d'argent.
Description
Il est arrivé au Canada à l'âge de 17 ans et il n'était pas marié à cette époque. Il est venu rejoindre son père et son frère aîné; sa mère est demeurée aux Indes. Aux Indes, la situation politique était bonne mais les conditions de vie de la population étaient très difficiles. Il est venu à Vancouver via Calcutta et Hong Kong, en bateau. Il a dû voyager en 3e classe et les passagers Blancs, qui voyageaient surtout en première classe, ignoraient les asiatiques à bord. Au Canada, il a trouvé un emploi dans une scierie et il gagnait 0,25$ l'heure. Après avoir travaillé quelques années dans les scieries, il a démarré sa propre scierie ambulante avec son frère en 1955, à Gaspy. Par la suite, il a acheté des parts dans la scierie de Merritt et aujourd'hui, il est millionnaire. À la scierie de Merritt, les travailleurs habitaient dans des dortoirs et ils se cotisaient pour payer le salaire de leur cuisinier. Il explique que les travailleurs indiens se sont affiliés au syndicat dès le début. Il croit que les conditions de vie se sont améliorées au Canada depuis 1940, mais l'attitude des nouveaux immigrants indiens est déplorable, selon lui. Il croit que les exigences des Sikhs aux Indes ne sont pas raisonnables et il partage son opinion sur l'assassinat d'Indira Gandhi. Il refuse désormais d'aller au Gurdwara, car les responsables obligent les gens à couvrir leur tête dans le temple; il proteste cette imposition. Son père est arrivé au Canada en 1906 et à cette époque, les immigrants travaillaient sur les fermes et dans les scieries. Il trouve dommage que les Sikhs vivant au Canada aujourd'hui se disputent, car ils détruisent tous les efforts des immigrants venus avant eux.
Description
Il est originaire de Manukay, au Punjab et il est arrivé au Canada en 1942, à l'âge de 13 ans. Il est venu rejoindre son père; sa mère a refusé de venir parce qu'elle s'occupait de sa grand-mère. Les conditions de vie aux Indes étaient difficiles à cette époque, mais les gens avaient assez d'argent pour survivre. Il a voyagé sur un navire de charge de Calcutta à Hong Kong et les conditions étaient très mauvaises. Lorsqu'il est arrivé au Canada, il a trouvé un emploi dans une scierie et il gagnait 0,40$ l'heure. Les travailleurs étaient tous des hommes seuls qui partageaient un dortoir; un cuisinier préparait les repas. Chaque groupe ethnique possédait son dortoir et son cuisinier. Il raconte que les asiatiques ne pouvaient pas acheter des propriétés près de la rivière : certains terrains étaient réservés aux Blancs. Certains établissements publics refusaient de les servir [restaurants, coiffeurs] et les Indiens éduqués [doctorat] n'arrivaient pas à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications. Il s'est présenté à des élections municipales et il a perdu par seulement 150 votes. Il s'est impliqué dans de nombreux comités civiques tout au long de sa vie. Il partage son opinion sur les revendications des Sikhs et sur l'incident du Golden Temple. Il raconte avoir écrit au ministre de l'aide sociale [Gaglardi], lui demandant de l'informer si des personnes d'origine indienne réclamaient de l'aide sociale. Il a indiqué au ministre qu'il s'engageait à loger et nourrir ces personnes au Gurdwara et à les aider à trouver du travail afin que le gouvernement n'ait pas à leur payer des allocations d'aide sociale. Il dénonce l'attitude des nouveaux immigrants indiens, qu'il juge déplorable et irrespectueuse. Son père est arrivé au Canada en 1908; il est venu avec trois autres personnes de son village et avec son oncle. La discrimination était très présente à cette époque et on a même menacé d'expulser tous les immigrants indiens. Les Indiens gagnaient moins que les travailleurs blancs, mais ils ne se plaignaient pas et ils évitaient de faire des remous parce qu'ils voulaient pouvoir continuer à envoyer de l'argent à leur famille aux Indes. Son père travaillait dans une scierie. Il dit qu'il se sent parfois embarrassé d'être en présence d'officiels canadiens, car les journaux publient pratiquement tous les jours un article décrivant un acte négatif commis par les Sikhs.